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  • 17h

    Inauguration

    > Place de l’Hôtel-de-Ville

    En présence des personnalités officielles, de l’équipe des Correspondances, des partenaires du festival, des auteurs et artistes invités.

  • 18h

    GRAND ENTRETIEN AVEC ERIC PUCHNER

    PRÉSENTÉ PAR PASCAL JOURDANA ET FRANCIS GEFFARD
    > Place de l’Hôtel-de-Ville

    Eric Puchner incarne parfaitement la puissance romanesque d’une certaine littérature américaine : donner immédiatement vie à des personnages et, à travers leur destin personnel, faire ressentir un pays et son mode de vie. L’auteur nous plonge ainsi dans l’intimité des Ziller, une famille de la classe moyenne, ordinaire et attachante. Ils quittent leur vie paisible du Wisconsin pour la Californie mais leur rêve de vie au soleil se transforme en fiasco retentissant. La chute débute avec le père, Warren, qui ne parvient à avouer ses investissements malheureux à sa femme et ses enfants. Il tente alors de dissimuler la saisie de la Chrysler et des meubles, l’arrivée imminente de la ruine. Le début d’une spirale infernale, émouvante, hilarante et désespérante. Une tragédie racontée avec tant de drôlerie, d’intelligence et d’humanité que le rire subsiste au coeur du désastre.
    Eric Puchner est accompagné de son éditeur français, Francis Geffard, par ailleurs programmateur du festival America à Vincennes.

    À LIRE : Eric Puchner, Famille modèle, traduit par France Camus-Pichon, Albin Michel, coll. “Terres d’Amérique“, 2011.
  • 21h

    ANOUK AIMÉE LIT ALBERTO MORAVIA

    LECTURE EN SCÈNE
    Textes choisis et traduits par René de Ceccatty, musiques de Nino Rota
    > Grande salle du théâtre Jean-le-Bleu.

    ”Alberto Moravia était un grand portraitiste de femmes et aimait écrire à la première personne. Durant toute sa carrière, il a approfondi la psychologie féminine, avec amour, ironie, sensibilité et cruauté. Dès La Romana (1947), il s’est mis dans la peau d’une femme : celle d’une jeune Romaine qui vendait son corps avec la complicité de sa mère. Prostituées, actrices, grandes ou petites bourgeoises, femmes du peuple, intellectuelles, aucune n’échappait à sa plume. Dans les vingt dernières années de sa vie, Moravia a multiplié les nouvelles obéissant à cet inaltérable principe d’une première personne au féminin. Nous avons choisi huit nouvelles toutes écrites entre 1970 et 1990, où avec un art incomparable, Alberto Moravia trace à traits vifs et légers la silhouette d’héroïnes singulières, aussi séduisantes que déconcertantes, vibrantes qu’insolentes. Parmi ces nouvelles, nous avons inséré des souvenirs intimes. Moravia évoque deux amours de jeunesse : une femme qu’il a beaucoup aimée et failli même épouser, la Française France B., et une inconnue croisée dans Paris un soir de brume. Elles se mêlent à la galerie de femmes imaginaires qui peuplaient son esprit curieux et inventif. L’amour, le mensonge, l’illusion, mais aussi le rêve éveillé, la hantise de la mort et la joie de vaincre l’angoisse. Ces thèmes sont abordés dans ces brillants portraits, qui sont toujours aussi des autoportraits inattendus de l’écrivain lui-même. Cet ami des cinéastes, dont les romans ont presque tous été adaptés à l’écran, ce critique qui consacra tant d’heures aux salles obscures, ne pouvait reprendre vie sur scène qu’avec une grande comédienne de cinéma, amie de l’Italie. Anouk Aimée, inoubliable apparition de La Dolce Vita, 8 1/2, et de tant d’autres films italiens, se devait d’incarner les personnages tourmentés de Moravia. Sa voix intérieure, fragile, sensuelle, mais aussi ironique et caustique, suit naturellement les confidences et les provocations séductrices des femmes de Moravia. Fellini, qui fut un proche de la comédienne et de l’écrivain, n’y verrait probablement rien à redire. Et Moravia lui-même, pour qui le français était une deuxième langue, n’aimait rien tant que de savoir ses livres lus par les Français et mieux encore les Françaises.”

    René de Ceccatty