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PRIX LITTÉRAIRE DES ADOLESCENTS DU 04
LECTURE DE RICHARD COUAILLET
PRÉSENTÉE PAR MAYA MICHALON> Place Marcel-PagnolCette lecture se tient dans le cadre du lancement officiel du Prix littéraire des adolescents du 04.
Un jeune homme déraille. “Tu vas aller faire un tour chez les fous, ça va t’apprendre à vivre !” Dont acte. “Consultation pour ado en perdition.” Le voilà en face d’une psy, assez vieille et peu avenante, qui lui demande de tenir un journal. La campagne, ce frère aîné qui le martyrise, ces regards croisés dans la rue : tout écrire. “Le saut dans le vide, je sais ce que c’est. Et je maîtrise. Je sais plonger à peu de remous. Alors son petit journal, je vais lui écrire ; contre-journal plutôt, juste pour gagner un peu de temps. De toute façon, elle a perdu le souvenir de ce que c’est d’avoir dix-sept ans.” Mais maîtrise-t-il tant que ça ? Une vie réinventée à travers l’écriture, et il arrive parfois qu’on perde pied…
À LIRE : Richard Couaillet, Contre courants, Actes Sud Junior, 2011. -
LE PETIT POIS INVITE ANTONIO ALTARRIBA
RENCONTRE ANIMÉE PAR JEAN-FRANÇOIS PÉNALVA> Bar des CorrespondancesLa librairie Le Petit Pois accueille le scénariste et écrivain espagnol Antonio Altarriba, auteur du roman graphique L’Art de voler, mis en dessin par Kim.
À LIRE : Antonio Altarriba (scénario, trad. Alexandra Carrasco) et Kim (dessins), L’Art de voler, Denoël Graphic, 2011. -
LES APÉROS LITTÉRAIRES DU COMITÉ DE LECTURE
Avec Carole Martinez et Bernard Comment> Place de l’Hôtel-d’HerbèsPendant le festival, les membres du comité, accompagnés par Raphaël France-Kullmann, vous proposent d’assister à des lectures d’extraits de livres des auteurs invités aux Correspondances, puis de bavarder avec eux autour d’un verre. Rencontres animées par Nathanaële Corriol et Sylvie Pezon de la Médiathèque intercommunale.
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PRIX LITTÉRAIRE DES ADOLESCENTS DU 04
RENCONTRE AVEC RICHARD COUAILLET ET KARINE REYSSET
ANIMÉE PAR MAYA MICHALON> Place de l’Hôtel-d’HerbèsCette rencontre littéraire marque le lancement officiel du Prix littéraire des adolescents du 04, qui sera remis dans le cadre de la Fête du livre jeunesse, en mai 2012.
De Contre courants, Richard Couaillet dit qu’il a “voulu rendre à cet adolescent de dix-sept ans son énergie première de poser questions, de sauter dans le vide et dans la vie pour percer la surface des certitudes, pour changer de peau.”
Avec Les Yeux au ciel de Karine Reysset, c’est dans l’intimité d’une “tribu”, que l’on pénètre. Il s’y révèle un secret à l’origine d’un mal-être familial, un drame qui a eu lieu trente ans auparavant.
À LIRE : Richard Couaillet, Contre courants, Actes Sud Junior, 2011 ; Karine Reysset, Les Yeux au ciel, L’Olivier, 2011. -
“DES VIES D’OISEAUX” DE VÉRONIQUE OVALDÉ
LECTURE MUSICALE AVEC PHILIPPE PIGEARD> Petite salle du théâtre Jean-le-Bleu. Accès libre selon disponibilitésVillanueva, 1997 : Gustavo Izzara rentre de vacances et appelle la police pour qu’elle vienne constater que sa somptueuse villa a été cambriolée. Chose étrange, rien n’a été dérobé et les intrus sont apparemment familiers des lieux. En commençant à mener l’enquête, le lieutenant Taïbo découvre l’omission volontaire de Vida Izzara : leur fille, Paloma, a disparu peu de temps avant. Ensemble, ils partent à la recherche de celle-ci, dont Vida croit deviner la raison de sa fuite : la prise en horreur de la vie exsangue et conventionnelle qu’elle et son mari lui offraient. Quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse, autant de façons d’éprouver l’amour et la liberté.
Leader du groupe Tanger, Philippe Pigeard, poète, écrivain et musicien, est lauréat de la Villa Médicis Hors les Murs 1999. Pour Véronique Ovaldé, il a composé en quelque sorte la bande-son que lui inspire Des Vies d’Oiseaux. Il l’accompagnera en live durant sa lecture.
À LIRE : Véronique Ovaldé, Des vies d’oiseaux, L’Olivier, 2011.
À ÉCOUTER : Tanger, “Il est toujours 20h dans le monde moderne“, Motors/Dreyfus Music, 2008.
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LISE BENINCÀ & CATERINA BONVICINI
RENCONTRE CROISÉE ANIMÉE PAR YANN NICOL> Place Marcel-PagnolIls ont trente ans, vivent à Paris, partagent une vie de couple agréable. Elle est traductrice scientifique, lui travaille pour une entreprise spécialisée dans les risques industriels. Samuel meurt brutalement alors qu’il est en déplacement professionnel au Brésil. Sa compagne, restée à Paris, affronte une disparition à laquelle elle n’était pas du tout préparée. Le personnage du roman de Lise Benincà décrit les différents moments du deuil, de l’appel annonçant la sinistre nouvelle à l’entrevue d’une “renaissance”, et les sentiments qui la submergent – la sensation d’étrangeté au monde principalement. Peu à peu, elle parvient à apaiser sa douleur, en s’appuyant notamment sur des descriptions organiques du vivant.
Après son roman L’Équilibre des requins très remarqué en 2010, Caterina Bonvicini fouille en archéologue minutieuse et sans complaisance les liens de l’amitié face à la tragédie. Un groupe d’amis trentenaires est frappé pour la seconde fois par le même drame. Après Diana, opérée avec succès, c’est à Lisa qu’on diagnostique une tumeur au cerveau. Le groupe accompagne Lisa jusqu’à ses derniers soins. La narratrice, Clara, l’amie intime, raconte le parcours du deuil ou comment passer du “nous” du groupe, irrémédiablement dissous, au “je” salutaire de la renaissance.
Deux romans sobres et délicats qui touchent par leur justesse et leur poésie.
À LIRE : Lise Benincà, Les Oiseaux de paradis, Joëlle Losfeld, 2011 ; Caterina Bonvicini, Le Lent Sourire, Gallimard, 2011. -
“J’ATTENDS” DE ET PAR CAPUCINE RUAT
AVEC PAULINE JAMBET
LECTURE> Petite salle du théâtre Jean-le-Bleu. Accès libre selon disponibilitésElle attend un enfant. Elle l’attend depuis longtemps. Mais avant même de songer à son avenir, il lui faut envisager le monde dans lequel l’accueillir : “De mon histoire j’ignore parfois ce qu’il y a à comprendre, mais je sais qu’il faut m’en débarrasser avant même de connaître ton visage, ton odeur et ta peau, ton premier cri. Pour ne pas te déranger trop tôt, pour conjurer les absences, les silences et la déraison qui rongent nos vies.”
C’est à la découverte de son roman que Capucine Ruat nous invite mais aussi à celle de sa genèse puisque Pauline Jambet lira, à son côté, des extraits des livres qui l’ont accompagnée pendant l’écriture : Les Revenants d’Ibsen, Sagesse de Verlaine, L’Événement d’Annie Ernaux, Le Haut Mal de Simenon, Une histoire sans nom de Barbey d’Aurevilly ou encore Plumes de Raymond Carver. Sans compter quelques chansons…
À LIRE : Capucine Ruat, J’attends, Stock, 2011. -
CAROLE MARTINEZ & DIANE MEUR
RENCONTRE CROISÉE ANIMÉE PAR MAYA MICHALON> Place de l’Hôtel-de-VilleEn 1187, la jeune Esclarmonde refuse publiquement son mariage avec Lothaire préférant s’offrir à Dieu qu’à un homme qu’elle n’aime pas. Forte de sa détermination, elle demande à être emmurée dans une chapelle attenante au château de son père jusqu’à sa mort : elle y survivra presque une année pendant laquelle elle recueille les “murmures” des visiteurs de sa prison et transmet sa parole animée d’un souffle divin. Avec ce roman “médiéval”, Carole Martinez prend appui sur la dimension mythique de l’Histoire et démontre brillamment la force de la fiction.
C’est aussi le cas de Diane Meur qui signe un roman antique, campé dans une civilisation imaginaire. Asral, le personnage principal des Villes de la plaine, est chargé de fournir une copie neuve d’un texte fondateur de la cité de Sir. Il s’attelle secrètement à une retraduction du manuscrit et met à jour la manière dont il a été détourné par les autorités religieuses et politiques. Subversive et révolutionnaire, l’entreprise d’Asral conduit nécessairement à de profonds bouleversements.
À LIRE : Carole Martinez, Du domaine des Murmures, Gallimard, 2011 ; Diane Meur, Les Villes de la plaine, Sabine Wespieser, 2011. -
“UN ANGE NOIR” DE FRANÇOIS BEAUNE
RENCONTRE ANIMÉE PAR YANN NICOL> Place Marcel-PagnolAprès Un homme louche, François Beaune consacre son deuxième roman à un “ange noir”. Accusé du meurtre de sa collègue Elsa, Alexandre Petit part dans une étrange cavale à la poursuite de Frank, punk à chien lyonnais, dont il est certain de la culpabilité. Dans son journal, il relate sa contre-enquête, et livre la vision du monde d’un homme que personne n’a jamais trouvé “sympathique”.
Confessions d’un antihéros presque touchant ou d’un psychopathe terrifiant, ce récit en forme de roman noir se joue des a priori.
À LIRE : François Beaune, Un ange noir, Verticales, 2011. -
“LE RAVISSEMENT DE BRITNEY SPEARS” DE JEAN ROLIN
RENCONTRE ANIMÉE PAR PASCAL JOURDANA> Place de l’Hôtel-de-VilleUn agent des services secrets français est envoyé à Los Angeles pour surveiller Britney Spears menacée, semblerait-il, d’enlèvement par un groupe islamiste. Étranger à ce monde, le narrateur mène son enquête en discutant avec les paparazzis locaux et se sert de Google comme d’un informateur. Ce faisant il devient spécialiste de la vie de la chanteuse et du réseau de transports en commun de la ville. Mais sa mission échoue et il est envoyé au Tadjikistan pour relever des plaques minéralogiques. Il y égaye le quotidien de son coéquipier local, Shotemur, en lui racontant ses souvenirs américains.
Du Ravissement de Lol V. Stein par Marguerite Duras à celui de Britney Spears par Jean Rolin, la folie reste, le monde change… et la littérature s’en fait le témoin. Un nouveau registre pour l’auteur de Terminal frigo connu jusque-là pour ses enquêtes reportages.
À LIRE : Jean Rolin, Le Ravissement de Britney Spears, P.O.L, 2011. -
“TOUT PASSE” DE BERNARD COMMENT
RENCONTRE-LECTURE> Petite salle du théâtre Jean-le-Bleu. Accès libre selon disponibilitésLes secrets, les regrets, les blessures constituent chaque être et forment la ligne de flottaison de chacun, celle, éphémère, sur laquelle tout repose. À travers neuf nouvelles empreintes d’une même mélancolie, Bernard Comment explore la vie et cet équilibre précaire qui la constitue. Ses personnages sont confrontés à la disparition – la leur, celle d’un proche, ou d’une époque –, plusieurs d’entre eux sont en fuite, tous regardent le passé en interrogeant sa valeur. En quelques pages, l’auteur parvient à faire naître une véritable tension dramatique mais ne livre la clé de ses intrigues que par sous-entendus, laissant planer une atmosphère mystérieuse, poésie de l’incertitude et du temps qui passe.
Le recueil a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle en 2011.
À LIRE : Bernard Comment, Tout passe, Christian Bourgois, 2011. -
“LA FIANCÉE DES CORBEAUX” DE RENÉ FRÉGNI
LECTURE-RENCONTRE AVEC ANTOINE COESENS
ANIMÉE PAR MICHEL ABESCAT> Place Marcel-PagnolLa Fiancée des corbeaux est le douzième ouvrage de René Frégni. Ce livre fait écho à sa vie. Il se construit comme un journal intime décrivant les marches quotidiennes accomplies autour de chez lui, dans une région au climat fortement contrasté, brûlée par le soleil l’été, par le gel l’hiver. Il arpente, seul, les chemins de Banon, de Manosque ou de Moustiers-Sainte-Marie. Mais sa solitude se remplit d’odeurs (lavande et pierres sèches), de souvenirs (ses filles, grandes désormais, accompagnaient naguère ses balades), de lectures (Jean Giono, Jim Harrison, Jean Genet) et de personnages parfois mystérieux : un vieil homme qui regarde les arbres qu’il a plantés comme des fantômes, un truand qui a passé vingt-sept ans en prison, une femme secrète et douce qui traverse le paysage enneigé suivie par un vol de corbeaux…
Une petite musique de lumière et de mélancolie, un hommage à sa Provence aimée, chant doux-amer célébrant une existence toujours en transformation. Un auteur réconcilié avec la vie, libre, toujours et encore grâce à l’écriture.
À LIRE : René Frégni, La Fiancée des corbeaux, Gallimard, 2011. -
L’ATELIER DU MESSAGER CLANDESTIN
ANIMÉ PAR YVES PAGÈS> Place de l’Hôtel-de-Ville, devant le bureau du festival. Ouvert à tousÉcrire, à toute petite échelle, des bribes de phrases. Entre slogans déceptifs, brèves de mémoire, lapsus dissonants, messages anonymes, signes insignes. Histoire d’inventer de petites légendes à la vie quotidienne, des sous-titres pour de faux. Ensuite on les découpe en rondelles, et puis à chacun chacune de les épingler là où ça lui chante. Des badges, ça s’appelle, conçus avec le graphiste Philippe Bretelle, et que l’auteur, Yves Pagès, fabrique en direct et distribue à la demande.
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“MÉMOIRES DE L’INACHEVÉ” (1954-1993) DE GRISÉLIDIS RÉAL
LECTURE EN SCÈNE
Par Dominique Reymond> Grande salle du théâtre Jean-le-Bleu.Après une lecture absolument mémorable lors des Correspondances 2009 (Bonjour Minuit de Jean Rhys), Dominique Reymond revient à Manosque pour porter la voix d’un personnage hors du commun, Grisélidis Réal. Née en 1929 à Lausanne dans un milieu très strict, Grisélidis Réal passe son enfance en Egypte et en Grèce avant de s’inscrire aux Arts décoratifs de Zurich. Fréquentant la bohème artistique, divorcée et mère de quatre enfants, elle commence à se prostituer au début des années 60.
Présenté en avant-première à Manosque (sortie nationale le 29 septembre), ce recueil de lettres offre une traversée dans la vie tumultueuse de la « catin révolutionnaire » : ses débuts dans la prostitution à Munich puis son emprisonnement pour trafic de drogue, ses aventures sentimentales qui lui inspirent des lettres d’un lyrisme vengeur, ses retrouvailles à Chicago avec un ancien amant GI, qui l’enflamment puis la replongent dans la désillusion… On y voir apparaître une mère aussi fuyante qu’aimante, une amoureuse souvent déçue mais jamais rassasiée, une pessimiste toujours prête au combat, une putain iconoclaste qui revendique le rôle social de la prostitution et en fait un combat politique, une artiste dont les mots incandescents oscillent entre drôlerie, énergie farouche et fragilité.
« J’ai décidé maintenant de partager ma vie en deux, une vie pour moi ici avec les enfants, dans la paix, la nature, l’éloignement des villes. Et une autre partie secrète, plus dure, plus amère et mystérieuse, où je vis masquée et fardée parcourant les nuits comme une petite comète venue d’ailleurs. »
Dominique Reymond a tourné au cinéma avec Sandrine Veysset, Nassim Amaouche, Olivier Assayas, Catherine Corsini, Claude Chabrol, Leos Carax, François Dupeyron, Philippe Garrel et, tout récemment, avec Benoît Jacquot… Au théâtre, elle a été dirigée, entre autres, par Antoine Vitez, Valère Novarina, Georges Lavaudant, Jacques Lassalle, Bernard Sobel et Klaus Michael Grüber. L’hiver dernier, au Théâtre des Amandiers et en tournée, elle a été la stupéfiante interprète du personnage de La Vieille dans Les Chaises de Ionesco mis en scène par Luc Bondy qui sera repris au Théâtre de l’Odéon à la saison prochaine.
À LIRE : Mémoires de l’inachevé (1954-1993), Grisélidis Réal, Verticales, 2011. Ouvrage publié avec le soutien de Fondation d’entreprise La Poste. -
UN SALON-ROCK DE BARBARA CARLOTTI & Jean-Pierre Petit
CONCERT LITTÉRAIRE> Café provisoireDans un dispositif minimal, Barbara Carlotti et Jean-Pierre Petit s’improvisent mediums au coeur d’un mini-concert et entrent en conversation mi-savante mi-anarchique avec les grands esprits de la culture rock, héros oubliés et losers magnifiques ; compilation mouvante et non exhaustive de textes piochés chez quelques piliers de la rock-critic (Yves Adrien, Lester Bangs, Nik Cohn).
Un pan de l’Histoire — et son histoire parallèle — réorchestré en un “ad lib“ au fil de quelques covers et de chansons créées pour l’occasion. Avec la participation d’Henri Flesh, performer et dj mythique du Palace et Sébastien Hoog en guitar hero !
À ÉCOUTER : Barbara Carlotti, “L’Idéal“, EMI, 2008.